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L’Afrique de l’Ouest face à la menace djihadiste

L’Afrique de l’Ouest fait face à l’expansion du péril djihadiste. Cette propagation favorise la multiplication des foyers djihadiste endogènes. Face à la recrudescence des attaques, les armées nationales appuyées par des forces étrangères ont des difficultés à contenir la menace qui se répand en Afrique de l’Ouest

Les erreurs du Sahel se répandent dans le golfe de Guinée:

Les pays côtiers sont entrain de reproduire les mêmes erreurs qui ont entraîné l’expansion du péril djihadiste menaçant ainsi la bonne marche des états. Les pays sahéliens avaient privilégié l’approche orientée sur le tout sécuritaire pour endiguer le phénomène avec la présence des forces étrangères. Cela n’a pas permis de contenir la menace. Le phénomène djihadiste crée une instabilité politique. Ce qui a précipité les régimes de Ibrahim Boubacar Keita en 2020 et de Roch Kaboré en Janvier 2022. N’ayant pas été capable pendant des années de lutter efficacement contre le terrorisme. Les attaques à répétition ont affaibli ces régimes et les ont rendu impopulaires aux yeux d’une grande partie de la population.

Le problème au Sahel est indissociable au problème Ouest africain:

Les États ouest africains doivent prendre en charge leur propre sécurité afin de lutter contre les groupes armés terroristes. Malgré la présence des forces étrangères européennes et françaises, les groupes terroristes continuent d’étendre leur influence en dehors de leur zone de prédilection. Il est indispensable pour les pays de penser à une force commune pour lutter efficacement contre la menace. Les initiatives solitaires de certains pays notamment la création de nouvelles organisations sous régionales comme le G5 Sahel( Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie) ou encore l’initiative d’Accra créent une certaine hostilité entre la CEDEAO et ces organisations sous régionales.

Les états face à des vulnérabilités communes:

Ces pays partagent les mêmes vulnérabilités. La porosité des frontières et la transnationalité des groupes communautaires ne facilitent pas la lutte. Si au départ en 2012, beaucoup n’ont pas mesuré l’ampleur de la menace. Ce qui devait être un problème malien, s’est transformé en une crise sahélienne avant de s’étendre dans les pays du golfe de Guinée. L’intervention militaire française de 2013 en appuie aux forces de Défense et sécurité maliennes a réussi à stopper l’avancée des groupes terroristes vers le sud du pays. Beaucoup de terroristes ont trouvé refuge dans les pays voisins, au Niger et au Burkina Faso. L’attaque de Grand Bassam en 2016 revendiquée par AQMI indiquait clairement que les groupes terroristes peuvent frapper en dehors de leur zone de prédilection qu’est le Sahel.

Les groupes terroristes sous la pression militaire au Sahel: 

L’expansion de la menace terroriste au-delà des frontières du Sahel s’explique d’une par la pression militaire. Malgré que les groupes armés terroristes continuent de mener des attaques au Sahel, ils sont de plus en plus traqués et neutralisés par les armées nationales et leurs partenaires engagés au Sahel. Cette présence militaire accrue a contribué à disséminer des groupes au-delà de leurs zones d’influences. Ces groupes restent néanmoins résilients et ont une capacité d’adaptation assez efficace jusque là. 

Le tout sécuritaire ne réglera pas le problème: 

  1. L’approche internationale orientée sur le tout militaire a montré ses limites. Elle est certes importante pour affaiblir les capacités opérationnelles des groupes terroristes. Trop longtemps cette guerre anti terroriste au Sahel a été menée par les forces étrangères et partenaires techniques. Certains financements promis par des bailleurs tardent à se concrétiser. Le fait marquant est le financement de la force conjointe du G5 Sahel qui n’est jusque-là pas encore pleinement opérationnelle et les États eux-mêmes concernés sont incapables d’y remédier. 


Les États doivent également s’attaquer aux problèmes structurels en matière de gouvernance politique, économique et sécuritaire. Les zones sous périls djihadistes restent des territoires où l’État est le plus absent où les services sociaux de bases sont quasi-inexistants.

Bah TRAORE Legrand

Je suis journaliste indépendant et Blogueur. spécialiste en communication et des médias sociaux au Sahel, analyste politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

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