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Burkina Faso: Coup de tonnerre sur la France

Depuis l’avènement du capitaine Ibrahim Traoré à la tête du Burkina, plusieurs manifestations ont été organisées pour exiger le départ des forces spéciales françaises stationnées à Kamboinsin dans le cadre de l’opération Sabre.

Au cours de ces derniers mois, les relations entre la France et le Burkina Faso se sont détériorées. Les derniers incidents remontent à décembre 2022 où Ouagadougou, dans un courrier adressé au Quai d’Orsay, exigeait le remplacement de l’ambassadeur de France dans le pays, Luc Hallade en poste depuis Juillet 2019. Cette demande est restée sans suite jusqu’au lendemain de l’annonce du retrait des forces spéciales françaises dans le pays. L’opération française dénommée Sabre est  présente dans le pays depuis plus d’une décennie, discrète et peu connue du grand public. Ces forces spéciales ont participé à plusieurs missions de soutien au Mali, au Niger et au Burkina dans le cadre de Barkhane, des missions de libération d’otages ou de neutralisation de chefs terroristes. Elle a suscité l’intérêt de l’opinion publique pendant le putsch du 30 septembre dernier du capitaine Ibrahim Traoré qui a renversé Damiba. Durant les affrontements les mutins avaient laissé entendre que le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba se serait réfugié au sein de la base française à Kamboinsin afin de préparer une contre offensive.
Depuis lors, les manifestations se succèdent dans la capitale pour demander le retrait des forces françaises. La visite récente de la secrétaire d’État Chrysoula Zacharopoulou en début d’année n’aura pas servi à calmer le jeu et éviter le scénario du déjà vu qui semblait inévitable.

Un scénario déjà observé?
Cette demande de retrait des forces spéciales françaises du Burkina rappelle l’épisode récent du Mali. Même si au Mali, on avait une présence militaire très importante contrairement à l’opération Sabre qui ne compte que 400 forces spéciales, la France est en perte d’influence. Il s’agit pour les autorités burkinabè de renforcer le soutien populaire et d’affirmer leur volonté souverainiste avec une démarche plus modérée et Paris évite au mieux l’escalade. Au Mali, on a assisté à des semaines d’escalade verbale entre Paris et Bamako qui s’est soldée par l’expulsion de Joël Meyer, ambassadeur de France au Mali et par la suite le retrait de l’opération Barkhane. Le Burkina ne semble pas dans la logique d’une rupture avec Paris mais d’une nouvelle forme de coopération militaire qui nécessite le financement des volontaires pour la Défense de la patrie qui n’ enchante pas Paris. Pour l’heure, il est difficile de savoir si elle sera transférée dans un autre pays de la région ou rapatriée en France.

Demande de clarification de Paris:

J’attends que le président de transition Traoré puisse s’exprimer, parce que j’ai compris que les messages qui étaient sortis à ce stade relevaient d’une grande confusion, celui-ci étant en déplacement hors de la capitale. Donc, je pense qu’il faut garder beaucoup de prudence, et veiller à ce qui est une spécialité de certains dans la région, qui peuvent avoir partie liée au demeurant avec ce que nous vivons en Ukraine, à savoir nos amis Russes » Emmanuel Macron

Lors de la conférence de presse organisée le Dimanche 22 janvier à l’occasion du 60e anniversaire du traité de réconciliation entre la France et l’Allemagne, le président français Emmanuel Macron réagissait à la question d’une journaliste sur cette information qui a circulé sur les réseaux sociaux. Il ne s’agissait pas d’une manœuvre russe mais un tel et bien l’ordre normal des choses après dénonciation de l’accord de défense intervenue en fin d’année 2022. Pour autant, Ouagadougou affirme qu’il ne s’agit pas de la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, selon les propos de Jean-Emmanuel Ouédraogo porte-parole du gouvernement Burkinabè.

La présence étrangères au Sahel n’a pas évité l’extension géographique de la menace terroriste dans la région et ces retrait ouvrent de nouvelles perspectives dans la région

 

Bah Traoré Legrand

Bah TRAORE Legrand

Je suis journaliste indépendant et Blogueur. spécialiste en communication et des médias sociaux au Sahel, analyste politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

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