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G5 Sahel: Le retrait du Mali accélère l’agonie

Le spectre de l’échec international dans la lutte contre le terrorisme plane au Sahel depuis quelques années. La force militaire anti terroriste conjointe soutenue par la France devait permettre aux pays sahéliens de prendre la relève. Malgré ce soutien, elle n’a obtenu l’aide financière nécessaire pour son opérationnalisation effective. Les opérations des armées de la région ne sont pas coordonnées et le G5 Sahel a du mal à se faire une place parmi les présences militaires. Cette institution qui devait permettre une coordination efficace des actions militaires et de développement entre les pays sahéliens présente des difficultés majeures. Même si l’initiative est bonne, elle est confrontée à un déficit de financement qui réduit considérablement sa capacité opérationnelle.

Une opérationnalisation critique:

En Juillet 2017 lors d’un sommet au Mali, les chefs d’états et la France sont convenus d’un budget de 423 millions d’euros pour l’opérationnalisation de la force conjointe et les missions qui lui sont assignées. L’attaque du Quartier général du G5 SAHEL à Sévaré en Juin 2018 qui a fait 3 morts a retardé la dynamique. Elle sera revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda. Comme l’a dit le président nigérien Mohamed Bazoum lors d’un entretien sur France 24 « le G5 Sahel a du plomb dans l’aile » et cela depuis sa création en 2014 par cinq pays( Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie) avec l’appui de la France. Même si la France n’est pas officiellement membre, elle reste très influente dans l’organisme. En 2020, la France avait convoqué, lors d’un sommet à Pau, les chefs d’État des pays du G5 Sahel pour clarifier leurs positions concernant la présence de la France au Sahel. Les chefs d’État avaient conclu au renforcement du dispositif militaire français. Les armées nationales n’arrivent pas à coordonner les opérations face aux djihadistes qui restent très actifs.

Assimi Goïta  l’infréquentable:
Le mandat du président tchadien Mahamat Idriss Deby à la tête du G5 Sahel étant achevé depuis le mois de février dernier, un nouveau président en exercice devait être désigné. Le Tchad continue d’officier le G5 Sahel. La présidence étant tournante, ce rôle revenait naturellement au colonel Assimi Goïta. Une session ordinaire de la conférence des chefs d’états devait se tenir à Bamako et marquer le début de la présidence du Mali. Dans un contexte de tensions entre la France, l’Union Européenne et le Mali, mais aussi avec le Niger cela semblerait impossible. Si cela se tenait le président nigérien Mohamed Bazoum aura du mal à s’y rendre. L’Union européenne et la France restent les principaux partenaires de l’organisation sous régionale. Toutes ces tensions entre le Mali et les partenaires ont forcément un impact sur le choix du Mali à diriger le G5S. Le président de la transition Assimi Goïta plus tôt proche de la Russie que des Occidentaux est un mauvais pari pour les partenaires financiers du G5 Sahel. L’Occident verra ainsi son influence se réduire dans au sein de l’instance décisionnel.

Les priorités du pays sont autres: 

Pris en étau par la CEDEAO et la communauté internationale, il est urgent pour le Mali de sortir de l’isolement international et des sanctions infligées par la CEDEAO et l’UEMOA depuis Janvier dernier. Le Mali qui depuis quelques mois mène des opérations de sécurisation dans le pays avec des succès opérationnels sur le terrain. Après la rupture de la coopération militaire entre le France et le Mali, Le G5 Sahel est la seule instance qui lie le Mali à la France sur le plan militaire dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Vu que cela a malheureusement peu d’intérêt, cette sortie du Mali n’aura pas d’incidents majeurs sur le plan militaire mais elle met en péril la survie de l’organisation qui est à l’agonie depuis sa création. 

 

Bah TRAORE Legrand

Je suis journaliste indépendant et Blogueur. spécialiste en communication et des médias sociaux au Sahel, analyste politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

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