Politique

Guinée Bissau: le plausible coup d’arrêt à la vague des coups d’états en cours

Élu à la magistrature suprême de la Guinée Bissau en fin d’année 2019 à l’issu d’un scrutin présidentiel contesté par son rival et l’assemblée nationale, le président Umaro Cissoco Embaló n’a pas su faire l’unanimité dans cet état de l’Afrique l’ouest, fragilisé par une longue histoire d’instabilité avec quatre coups d’états et seize tentatives jusque là. Cet ancien général de brigade, a occupé le poste de premier ministre à la suite d’un accord politique avant de démissionner. Arrivé à la tête du pays, il a promis de faire de la corruption et du narcotrafic  son cheval de bataille pendant son mandat, dans un pays gangrené par la corruption et le trafic de drogue. Depuis des décennies c’est la plaque tournante du trafic de cocaïne venant de l’Amérique du Sud en destination de l’Europe. La Guinée Bissau est classée dans la catégorie des narco-États par l’Office contre la drogue et le crime des Nations Unies (ONUDC). Les dirigeants, même au plus haut niveau de l’État et de l’armée sont impliqués depuis des années dans ce trafic.
Cette tentative intervient lors d’un conseil des ministres extraordinaire où des militaires lourdement armés ont attaqué le palais du gouvernement. A la suite de longues heures de tirs nourris, la situation a été reprise par les gardes présidentielles. Après cet incident qui a fait plusieurs victimes, le président Embalo est apparu dans les médias serein et détendu lors de sa conférence de presse. Une manière pour lui de rassurer l’opinion publique qui s’emballe rapidement dans de pareilles circonstances. un « acte préparé et organisé », selon lui dont l’objectif était d’attenter à sa vie. Sans nommer explicitement les auteurs, il affirme que Celle-ci « doit venir de ceux qui sont contre les décisions qu’il a prises, notamment dans la lutte contre le narcotrafic et la corruption ». Ce qui montre qu’il sait à qui il à faire et le but principal de ce qu’il a appelé d’attaque contre la démocratie. Il a affirmé que des arrestations sont en cours et que les instigateurs seront traduits en justice.

Contrairement aux pays ouest africains qui ont récemment connu des coups d’états, le contexte Bissau Guinéen est tout autre. Ce pays n’est pas menacé par l’insécurité qui prévaut au Sahel mais l’actualité sous régionale aurait pu inciter les auteurs à passer à l’acte car les institutions régionales et la communauté internationale regardent avec impuissance ce sigle qui se propage en Afrique. La situation en Guinée Bissau reste confuse et le président tente tant bien que mal à diriger mais cela révèle qu’il n’a pas toujours le contrôle de l’appareil sécuritaire du pays.

Bah TRAORE Legrand

Je suis journaliste indépendant et Blogueur. spécialiste en communication et des médias sociaux au Sahel, analyste politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

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