Politique

La transition au Mali: Entre Sanctions internationales et pressions internes

Nous constatons depuis des années un recul du taux de participation aux échéances électorales au Mali. Ce faible taux s’explique par la perte de crédibilité des hommes politiques et le recul des principes démocratiques et de l’état de droit qui ont été acquis dans le sangs à la suite des événements de Mars 1991. C’est ce qui explique également la réticence de beaucoup de maliens quant à l’organisation des élections initialement prévues en Février 2022. Cette partie de la population juge insuffisants, les efforts démocratiques faits depuis l’avènement du multipartisme au Mali et sont favorables pour une prolongation de la transition dont la durée fait état de discorde d’une part en les autorités de la transition et la classe politiques maliennes et d’autre part entre les autorités et la CEDEAO. Les sanctions prises ce 09 janvier  par l’UEMOA et ensuite entériné par la CEDEAO risquent de détériorer davantage les relations avec la CEDEAO et le tissu social.

L’impact de ces sanctions risquent de se faire sentir au-delà des frontières maliennes si elles perdurent. Le Mali représente une des principales destinations des exportations du Sénégal, de la Côte d’Ivoire au sein de l’UEMOA et ces pays comme d’autres de la CEDEAO qui constituent des points de passage des marchandises destinées au Mali. Au-delà des sanctions, c’est un moyen de dissuasion dans ce contexte difficile de la sous-région et où les tensions sociales et politiques ont connu une recrudescence. Beaucoup de populations africaines soutiennent et admirent les autorités du Mali. Les chefs d’états de la CEDEAO doivent prendre en compte la mesure de la gravité de la crise malienne et agir en conséquence et sortir des calculs politiciens. Celle qui était considérée comme un rempart, joue sa crédibilité aux yeux de l’opinion publique ouest africaine qui sont de plus en plus critiques envers cette institution depuis un bon moment suite à la gestion de la question de 3ème  mandat de certains chefs d’Etats de la CEDEAO. Il est impératif de trouver une issue favorable à ce bras de fer qui a atteint son paroxysme. le terrorisme ne connait pas frontières, le Mali déploie des efforts considérables dans la lutte et ces efforts risquent d’etre perturbés par ces sanctions et exposer davantage les pays du sahel et certains pays cotiers qui sont sous menace djihadiste a cause de porosité des frontières. De ce fait, le gouvernement de transition n’a pas tardé à réagir à son tour. C’est à travers un communiqué lu tard dans la soirée par le colonel Abdoulaye Ministre, ministre de l’administration territoriale que le gouvernement a condamné ces sanctions d’inhumains et dénonce une instrumentalisation des institutions sous régionales par des puissances extra régionales au dessein inavoué. Il appelle les populations et l’armée au calme et à la vigilance. Par réciprocité aux sanctions, le Mali décide de rappeler ses ambassadeurs dans les pays de la CEDEAO et ferme ses frontières terrestres et aériennes.

Bah TRAORE Legrand

Je suis journaliste indépendant et Blogueur. spécialiste en communication et des médias sociaux au Sahel, analyste politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

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