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Mali: L’Imam Dicko fustige l’attitude des autorités maliennes et de la communauté internationale

« De quelle paix parle-t-on? De quelle sécurité? De quel développement?

Dans une situation où , je vais parler du Mali aujourd’hui, pendant que le peuple Malien, pris en otage par des gouvernements arrogants. Je dis bien ARROGANT. Et la communauté internationale, par leur orgueil, pensent que le peuple Malien doit rester dans cette situation, mourir à petit feu, assailli par la famine, par l’insécurité , par le djihadisme qu’on n’arrive pas à contrôler, à laquelle on ne cherche aucune solution…

La communauté internationale est dans son orgueil. Nous, nous sommes dans notre arrogance et le peuple est en train de mourir. Vous venez parler de paix, de sécurité et de quoi ici? 

De quelle paix s’agit-il? « 

Une fois de plus l’Imam Dicko défraie la chronique dans son allocution lors de la  cérémonie d’ouverture du Forum de Bamako Mercredi 25 Mai, 2022. Ces propos ont choqué plus d’un.

C’est dans un contexte particulier de crise diplomatique entre le Mali et plusieurs partenaires que la vingt-deuxième édition du Forum de Bamako se tient. Ce rendez-vous annuel rassemble plusieurs diplomates et investisseurs venant de divers pays du monde. Cette édition est consacrée aux problèmes de paix et sécurité et plus particulièrement le rôle des femmes dans la résolution de conflits. Lors de la cérémonie d’ouverture Plusieurs hautes personnalités sont intervenues notamment le premier ministre malien Choguel Kokala Maiga mais c’est celle de l’imam Dicko qui a fait mouche au sein de l’opinion publique malienne. Très influent dans la vie politique du Mali, Mahmoud Dicko a mis dos à dos les principales parties prenantes. Ce religieux qui depuis la chute de l’ancien président IBK en Août 2020 est retourné dans sa mosquée. Il s’est fait rare dans l’espace médiatique mais à chaque sortie, il défraie la chronique. Beaucoup, notamment une large majorité favorable à la transition, se sont sentis choqués par ses dires. Ils ne sont pas de cet avis que le peuple malien soit pris en otage. Il est évident que les populations sont les principales victimes de ce bras de fer. C’est sa manière à lui de faire bouger les choses car on note un statu quo dans la crise malienne et également de rappeler les protagonistes à revoir leurs positions radicales qui impactent la vie des populations. Malgré l’offensive de l’armée malienne contre les groupes armés terroristes, les djihadistes restent une menace pour la sécurité des populations. S’il accuse le gouvernement de transition d’être arrogant, il ne manque pas l’occasion de rappeler à la communauté internationale son orgueil et son intransigeance qui provoquent des pénuries dues aux sanctions internationales. Il affirme par ailleurs que: « Le b.a.-ba des droits de l’homme c’est le droit à l’existence à l’existence mais le peuple malien aujourd’hui est menacé dans son existence » et que le problème du Mali ne se pourrait se résumer  à la tenue d’élections ou du respect du délai de la transition. Il s’en est pris également à la classe politique qui depuis un certain temps semble existante et à la société civile en ces termes « C’est extrêmement grave, une classe politique moribonde, qui ne bouge pas, qui n’existe plus! Une société civile qui a cessé d’exister ». Au regard de la situation sécuritaire et de l’impact des sanctions qui pèsent sur le Mali, il est urgent de trouver un compromis afin que ces sanctions soient levées.

Bah TRAORE Legrand

Je suis journaliste indépendant et Blogueur. spécialiste en communication et des médias sociaux au Sahel, analyste politique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

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